Boire la ginja à Lisbonne : la fabuleuse histoire de la liqueur de cerise

Histoire de lisbonne #6 Monlisbonne.com

La coutume portugaise la plus facile à adopter est sans aucun doute celle qui entraîne – aux aurores comme aux vespères – tout Lisboète digne de ce nom vers les portes de Santo Antão pour se délecter d’un verre de Ginjinha. Et si on gratte un peu, l’histoire qui se cache derrière la tradition est aussi fascinante que la tradition elle-même. 

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Origine de la Ginja

La Ginja n’est rien d’autre que la griotte. Cependant, il ne faut surtout pas la confondre avec la guigne que l’on macère en France car si la guigne est une cerise douce, la griotte laisse un goût amer au fond de la gorge. Comme souvent quand il s’agit de traditions ancestrales, la Ginja vient de loin. Elle aurait même voyagé depuis les portes de Constantinople, aux confins de l’Orient. Introduite à Rome par Lucullus, elle aurait débarqué au Portugal sous l’Empire avant que les vergers ne soient ravagés par les barbares et qu’elle disparaisse du pays. Il faudra finalement attendre la Renaissance pour que la ginja fasse son grand retour, si bien qu’au XVIIIe siècle, il est courant de trouver des ginjais* dans tout le Portugal et plus particulièrement dans la région de Lisbonne

Si la boisson connait un tel essor, elle le doit surtout à ses supposées vertus thérapeutiques. En effet, le droguiste français Jean Vigier, également physicien du roi João V, raconte dans un traité de 1718 combien les ginjas galegas sont utiles pour la santé. Selon lui, la ginja serait bénéfique pour lutter contre la fièvre, la diarrhée ou autres sautes d’humeur mais ce sont surtout ses bienfaits contre les infections pulmonaires qui lui vaudront une célébrité aussi fulgurante. L’argument de vente est simple, pour ne pas tomber malade, buvez de la Ginja. Imparable. Certains, comme les Espagnols Miguez & Cerdeira iront même plus loin en proposant directement dès 1927 dans leur boutique de la rue des Correeiros une licor peitoral de Ginja. Pourtant, l’énorme engouement pour les estaminets à ginjinha au XIXe siècle coïncide étrangement avec les épidémies de tuberculose, grand mal de ce siècle.

A Ginjinha, La liqueur de Lisbonne !

Il y a longtemps, le ratafia, mot issu du créole français, était le terme utilisé pour désigner la liqueur de fruits. Disparu du langage portugais, le ratafia de ginja devint extrêmement populaire à Lisbonne sous l’impulsion des Espagnols et en particulier des Galiciens, ces immigrés de longue date souvent comparés aux Auvergnats de Paris. Forçats du travail, ce sont eux qui tiennent les premières tascas au XIXe siècle, notamment la célèbre Tendinha do Rossio fondée en 1840. Et comme personne n’a jamais mangé sans boire, ce sont tout naturellement eux qui fondent les tout premiers bars à ginja.

A Ginjinha de Francisco Espinheira, une success-story qui ne tarit pas.

Et puisque sur tous les sujets, la tradition orale de Lisbonne nous laisse des histoires croustillantes, il n’y a pas de raison qu’il en soit différemment pour la ginja. On raconte ainsi que c’est le père de Francisco Espinheira qui aurait fondé en 1840 le premier établissement à ginja, « A Ginjinha », situé sur le Largo de Sao Domingos. Emigré de Galice, cet aïeul tiendrait sa recette d’une simplicité déconcertante d’un Franciscain de l’église de Santo Antonio. « Des cerises griottes macérées dans de l’eau de vie de Moscatel, puis mises en bouteille avant d’être exposées au soleil pendant quatre jours. À consommer l’année qui suit ! » Le père Espinheira est si fier de sa création qu’il décide de créer le premier troquet du monde où l’on servira exclusivement cette liqueur bon marché aux piliers de bars, malades imaginaires ou autres passants d’un soir à la gorge sèche. À sa mort, c’est son fils, Francisco, qui héritera du commerce et le fera passer dans une autre dimension. Une dimension telle que pour tout Portugais de l’époque : une ginja c’est chez Espinheira que ça se boit. En 1906, il lance même une grande campagne de promotion en déposant la marque « F.Espinheira 1°Fabricante ! » Une stratégie de vente volontairement offensive car c’est à cette époque qu’un adversaire de poids pointe le bout de son nez. 

A Ginjinha sem Rival, l’anti-Espinheira.

Ce nouvel adversaire s’appelle João Manuel Lourenço Cima, fondateur de la Ginjinha sem Rival. Et l’histoire de leur concurrence fait écho à une des questions les plus mythiques de Lisbonne : « Com o sem ela ? ». Encore aujourd’hui n’importe quel garçon de comptoir vous la posera en vous servant un verre de ginja en référence à la cerise, bien-sûr. Mais pas seulement. Selon toute vraisemblance, J.M.L Cima, lui aussi venu de Galice, était à l’origine un brillant employé du vénérable Espinheira fils. Tant et si bien qu’à la fin du XIXe siècle, Francisco, lui aurait fait l’honneur ultime de lui proposer la main de sa fille unique, Joaquina… « Com o sem ela ? » aurait-il demandé un soir. Eh bien ce sera sem ela pour Cima qui ne trouve pas du tout la fille de son patron à son goût. Evidemment, ce refus est vécu comme un affront suprême par Espinheira qui va voir tout ce qu’il a construit s’écrouler en même temps. En effet, juste après avoir refusé d’entrer dans la famille Espinheira, João Manuel Lourenço Cima fonde sa propre enseigne, située juste en face de celle du maitre, et parce que l’histoire de ce refus s’est répandue comme une trainée de poudre les amateurs de ginja se mettent à parler de Ginjinha sem Rival pour designer cet estaminet. La provocation de trop pour l’Ancien qui laisse aisément imaginer les batailles de noyaux de cerises qui ont pu agiter la rue durant ces années.

S’ouvre alors une guerre sans merci entre les deux Ginjinha. Entre le maitre et l’apprenti, le traître et le trahi. « Sem Rival » dit-on d’un côté, « La meilleure de toutes ! » répond-on de l’autre. Et si sur les bouteilles de Espinheira on lit « premiado com as mais altas recompensas nas exposições em que tem participado »**, Cima frappe les siennes d’une réponse cinglante « esta casa nunca concorreu a nenhuma exposição nem estrangeira »***. Le ton est donné. La Ginja Sem Rival trouve sa clientèle en piochant dans celle d’Espinheira et notamment un clown catalan qui faisait le pitre au Coliseu. Un certain Eduardino, connu pour boire un mélange de liqueurs de ginja et d’anis avant de travailler. 

Francisco Junior Espinheira

Francisco Junior Espinheira VS J.M.L Cima

Le fruit du succès étant l’innovation, J.M.L Cima se fait un nom de plus en plus respecté en créant une toute nouvelle liqueur : la fameuse liqueur Eduardino, basée sur la recette du clown. Le prestige d’Espinheira en prend un sacré coup, tout Lisbonne afflue en masse pour goûter ce breuvage. Dans les années 30, dans l’espoir de vendre ses citrons, c’est la toute jeune Amalia Rodrigues qui viendra pieds nus devant la devanture de Sem Rival. Alors que dans les années 50, une ultime tentative de la famille Espinheira tentera de concurrencer Ginjinha Sem Rival en déposant une nouvelle marque : Liquor Duartinho Espinheira. Un échec. 

Les années passent, la rivalité se dissipe, la ginja reste. Les descendants des deux familles sont toujours aux commandes, perpétuant depuis plus d’un siècle la tradition de servir aux alfacinhas, une liqueur qui réchauffe les coeurs et les esprits. Sans les noyaux de cerises qui volent d’une maison à l’autre cependant. 

* Quintas de cerisiers 

** Primée de la plus haute récompense dans tous les concours où elle a concouru 

*** Cette maison n’a jamais participé à aucun concours

Où boire une ginja, la liqueur de cerise de Lisbonne ?

Vous avez bien sûr les éternelles liqueurs A Ginjinha et Sem Rival  à Largo Sao Domingos. Sinon, allez donc faire un tour à Alfama ! Si du côté de Rossio nous avons les pénibles dealers de cannabis, du côté d’Alfama nous avons les sympathiques dealeuses de Ginja. Les grands-mères Portugaises vous servent pour une petite pièce une douce liqueur faite maison (et que je soupçonne un peu coupée à l’eau de vie ;)).  Faites-leur plaisir, c’est pour leur retraite ! Et enfin si vous souhaitez goûter la meilleure ginja du monde, faites appel à nous et le temps d’une visite sympathique, on tâchera de vous faire tester celle de Mouraria 🙂

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Lisbonne après le tremblement de terre : histoire d’un aventurier italien.

Histoire de Lisbonne #5 Monlisbonne.com

Monlisbonne.com vous fait partir sur les traces des premiers touristes à Lisbonne..Post tremblement de terre !

Le comte milanais Giuseppe Gorani est un aventurier. Issu de la noblesse désargentée, il a dès son enfance un penchant pour des “goûts dépravés, des habitudes déplorables”. Après une carrière militaire chez les Autrichiens, il termina sa vie en tant que diplomate français sous la Révolution. Parcourant les terres d’Europe, ravagées par la guerre de 7 ans, il tente sa fortune au Portugal pour servir le marquis de Pombal. Dans ses lettres, il raconte ses mésaventures de noctambule dans un Lisbonne ravagé. Cet écrit est exclusif, il témoigne ô combien Lisbonne était une cité dangereuse à cette époque.

Lorsque ce Candide italien embarque à Montijo à 6h30 du matin, le 1er novembre 1765, il a encore en tête les superlatifs qui circulent sur Lisbonne. Cette cité mythique des héros de Luis de Camoes ! Depuis qu’il a entrepris ce long périple, Giuseppe s’est évertué à apprendre le portugais et à lire à plusieurs reprises une belle édition des Lusiades : son souhait c’est de faire forte impression auprès des Portugais.

Lorsque je fus au milieu du Tage, je vis la superbe capitale du Portugal, qui se présentait à moi le long du fleuve en amphithéâtre entre le levant et le couchant

En débarquant à Terreiro do Paço, il observe une cité en reconstruction. “Il fallait que le tremblement de terre fût extrêmement affreux puisque dix ans après, à mon arrivée à Lisbonne, cette ville montrait encore tant de décombres”. Depuis la rue Augusta flambant neuve, il se dirige directement à son auberge, aidé par un jeune galicien qui transporte ses bagages. “Car les galiciens font à Lisbonne tout ce que les Savoyards font à Paris”. A deux pas du palais de l’Inquisition, le garçon l’installe dans une pension au nom étrange : As almas santas do purgatorio. Cela présage-t-il de funestes destinées ? Sa première impression est en effet légèrement faussée : la nouvelle Baixa a commencé à montrer ses plus beaux atouts. L’enfer ne lui est pas encore dévoilé…

Palais de l’inquisition (palais de l’Estaus) post-terramoto reconstruit par Carlos Mardel

Plantons le décor de cette commedia dell’arte !

Dans les années qui suivent le terramoto, Lisbonne est un chaos effrayant de palais renversés, d’églises incendiées. Dans les quartiers désoeuvrés, les rues étroites sont pavées de petites pierres pointues qui saignent les pieds. Au coucher du soleil, le peuple jette ses ordures à même la rue. Il est impossible de parcourir Lisbonne en hiver sans se souiller jusqu’aux genoux. Les litières de transport sont couvertes de cuir pour éviter les éclaboussures sur les robes des dames ! Pendant les beaux-jours, cette boue immonde s’accumule, se dessèche au Soleil. Elle devient ainsi une poussière fine, noirâtre qui au contact du vent, du passage de l’Homme et des charrettes s’envole puis entre dans les maisons couvrant à l’infini les meubles. Soit tu es maculé de fange, soit tu es couvert par la poussière. Si certains domestiques s’emploient à jeter les boues dans le fleuve, la majeure partie des Lisboètes s’en accommodent. En effet, la nuit le menu-fretin fait ses besoins dans les ruelles et le jour, derrière une arcade. Une fois l’obscurité tombée, ces immondices sont un régal pour les 80 000 chiens errants de Lisbonne. Des meutes de 40 à 50 chiens se rassemblent devant les cabarets, les tavernes et les frigideiros, ces roulottes ambulantes où on y fait frire des sardines. Si enfin les odeurs insupportables envahissent les rues et les maisons, cela reste agréable par rapport au bruit aigu et perçant des roues de charrette. Un tourment pour les oreilles ! Les charretiers refusent en effet de graisser les essieux car ils semblent convaincus que le bruit fait fuir le diable…

Au crépuscule, Lisbonne devient un nid de voleurs et d’assassins. La canaille des grands chemins afflue dans la capitale. A l’affût, les brigands se cachent dans les ruines et détroussent les noctambules. On essaiera tant bien que mal d’installer à la fin de ce siècle un éclairage public, mais très vite ce projet sera abandonné car les lampes sont constamment détruites par les bandits.

On assassine avec de longs couteaux pointus. Mobile du crime ? Une histoire de jalousie, de vengeance… Une certaine forme de fatalisme, voir de compassion s’installe chez les Portugais. “Coitadinho !” Disent-ils. Un Français de passage témoignera en 1766 : « J’ai vu à Lisbonne un domestique assassiner son camarade en plein midi au milieu de la rue, se retirer froidement avec son couteau à la main, être conduit en prison en riant et en sortir quelques mois après pour faire le métier de bourreau ».

Et le comte Giuseppe connut sa première soirée lisboète…

En ce 1er novembre 1765, l’été de la Saint-Martin bat son plein. Un silence de plomb règne sur la place de Rossio, c’est jour de grande pénitence car on célèbre les 10 ans du tremblement de terre. “Quand le soleil fut couché et que nous étions dans l’heure que l’on appelle entre chien et loup, je sortis aussi de ma tanière”. Giuseppe explore la Baixa de long en large pour commencer à prendre ses premiers repères. Alors qu’il envisage de rentrer à l’auberge, une africaine vient à lui. Un chapelet entre ses mains, elle récite des Pater et des Ave Maria. Puis elle lui propose une bonita rapariga aux charmes inouïs. Lors de son passage à Evora, il a été profondément séduit par les Portugaises, il se laisse donc aisément convaincre par cette “prêtresse de l’amour”. Giuseppe mord donc à l’hameçon, conscient de son imprudence. A cette époque, il n’est pas rare d’apprendre la mort brutale de voyageurs italiens lors de leur passage à Lisbonne; c’est sans aucun doute une nation téméraire pour les escapades nocturnes !

Oh quel libertin ! Aller ainsi à des aventures, dans une ville immense, remplie de ruines, par des rues que je ne connaissais point ! Quel nom donner à une conduite si pitoyable ?

Perdu dans les bairros de Lisbonne, notre comte se laisse entraîner par la duègne. Il parcourt 5 à 6 rues avant de monter au 3eme étage d’une maison. La fille est d’une beauté ! Après avoir soupé, elle ne tarde pas à lui demander de quitter ses habits. Six heures au lit plus tard, Giuseppe sent le sommeil le gagner lorsqu’il entend des bruits sourds derrière la porte. Pris de panique, il se lève en sursaut. Ce sont des rats ! Lui répond la rapariga. Que nenni ! Nu tel un spartiate, Giuseppe prend son pistolet dans la main droite, son épée dans la gauche. A peine la porte ait le temps de s’ouvrir, il tire sur le porteur de lanterne qui s’effondre. Bousculant les autres assaillants, il descend en flèche les escaliers pour s’engouffrer au péril de sa vie dans les rues sombres de Lisbonne.

Qu’on imagine […] dans quel état j’étais, sans bas, sans culottes, sans souliers, sans chemise, sans chapeau, l’épée nue à la main, sautant d’une rue à une autre, souvent au milieu des décombres et des ruines

Exténué, complètement ensanglanté, le comte se cache dans une masure, dévoilée par le clair de lune. Voyant les coquins passer devant lui, il quitte sa cachette pour ensuite errer de rue en rue en quête d’un refuge. Par chance, il croise un homme avec une lanterne, qui après l’avoir convaincu de sa mésaventure, l’aide à retrouver son chemin. Une fois dans sa chambre, le Portugais le soigne, le considérant comme un frère. Cette rencontre à point nommé va ainsi convaincre le comte que si des hommes sont prêts à agir avec un étranger et avec tant de bonté, les Portugais sont décidément une grande nation !

Les pickpockets de Lisbonne

Les pickpockets à Lisbonne

On parle beaucoup des pickpockets de Lisbonne mais on ne vous dit pas comment les repérer, comment ils agissent, qui ils sont et surtout où vous aurez le plus de chance (ou pas) de les croiser…

touriste en Tshirt (au fond) pickpockets en veste et foulard

Des pickpockets en observation, avec l’arme du crime : le foulard. Au fond ces jeunes touristes ont les sacs parfaits pour devenir une proie.

Vous avez été victime de pickpockets à Lisbonne ? Vous vous demandez quoi faire en ce moment ? “Je me suis fait voler à Lisbonne” ?

Rendez-vous à la police touristique pour déposer plainte. Les agents parlent français ou du moins dans tous les cas anglais. Ils feront tout ce qu’il faut pour vous aider dans vos démarches. Voici l’adresse de la police touristique de Lisbonne :

Praça dos Restauradores – Palácio Foz, 1250-187 Lisboa

Je rajoute le téléphone mais ils vous diront de vous rendre à l’adresse ci dessus : 00 351 213 421 623

À quoi s’attendre ? Que pouvez-vous espérer dans le meilleur des cas ?

Que les brigands, comme souvent, gardent l’argent liquide et se débarrassent de vos biens dans la poubelle la plus proche, une ruelle peu fréquentée, un coin discret… Et qu’une âme charitable qui tombe dessus appelle la police pour restituer les documents trouvés. Cela arrive dans de nombreux cas ! N’hésitez pas également à laisser un numéro de téléphone dans votre porte-feuille. Si vous ne faites rien, alors vos papiers resteront au Portugal.

Pickpockets, carteristas, détrousseurs, truands, crapules… Prenez vos précautions !

Si vous refusez être victime de ces bandits, vous pourrez grâce à cette enquête :

  • Savoir localiser les pickpockets
  • Les reconnaître
  • Ne pas vous faire voler
  • Crier et manifester votre désaccord vis-à-vis de cette pratique
  • Les interpeller et alerter les autres touristes ce qu’ils manigancent…
  • Et si malheureusement vous vous êtes fait avoir, vous saurez aussi où vous rendre pour porter plainte (cf première partie de l’article)…

Les pickpockets de Lisbonne ne correspondent pas forcément à notre imaginaire…

Le problème des pickpockets à Lisbonne.

Pour quoi y a-t-il autant de pickpockets à Lisbonne ? C’est un fait, ils sont nombreux et passent tout le temps les mailles du filet. La police les arrête et les relâche faute d’acte grave. Ils les connaissent donc, ils sont tous fichés. Les autorités ont les adresses de leurs lieux de domicile, mais rien ne peut être fait contre un délit si mineur. 

Les policiers ont bien d’autres chats à fouetter ! Votre vigilance est le seul moyen de les contrer.

Voici une carte où vous pouvez trouver les pickpockets de Lisbonne, tout le secteur est à risque mais ils sont majoritairement aux points marqués :

https://goo.gl/maps/aoFWmhWBKtx

Cette carte de Lisbonne recense des lieux que les pickpockets apprécient particulièrement pour le dénivelé des rues, leur faible largeur qui permet une densité touristique, l’environnement intéressant qui détourne votre attention…

Rues et lieux par quartiers :

Quelles sont les cibles favorites des pickpockets ?

Ce problème n’a rien de nouveau et fait de nombreuses victimes qui ont des caractéristiques communes :

Les nationalités ou origines ethniques : Les Asiatiques, les Italiens, les Français, les Espagnols ont beaucoup de cash sur eux. Du pain bénit pour nos amis malfaiteurs. Ici un groupe asiatique à la merci de 2 jeunes femmes pickpockets au Chiado (centre commercial).

L’âge joue forcément en la faveur des plus jeunes… Peu attentifs, les seniors sont le plus souvent victimes de ces malfrats car ce sont des proies faciles en raison du manque de réactivité. Attention, avoir la trentaine ne veut pas dire que l’on passera entre les mailles du filet.
Le nombre de personnes est un facteur important mais aussi la confusion qui les aide à se glisser dans vos poches… Les groupes dans les passages étroits mais aussi les escaliers sont des atouts dont ils en tirent profit. Attention si vous fermez la marche, vous êtes la cible privilégiée.

groupe, proche du château de Lisbonne avec 3 pickpockets

Ici, un groupe de visiteurs avec 3 pickpockets. Photo prise près du castelo Sao Jorge.

Les mêmes pickpockets à Graça

Toujours eux, cette fois-ci dans Alfama

 

Le gabarit… ces chapardeurs s’en prennent rarement aux plus costauds d’entre nous.
L’accoutrement: Sac a dos et sac en bandoulière, sac a main facile ouvrir sont leur dada. Prenez en oui mais gardez les porte-monnaies dans vos poches.

Qui sont les pickpockets de Lisbonne et comment les repérer?

Nos crapules aiment se fondre dans la masse… Leurs habits sont communs mais surtout, ils se font passer pour des touristes : faux selfies, gestes en indiquant les beaux panoramas et carte de Lisbonne en main (qu’ils ne regardent qu’en marchant et un oeil sur les sacs à dos environnants). 

Deux individus qui font tout pour passer inaperçu…

et pourtant ils suivaient une proie au sac béant. Leur carte est donc prête à être dépliée pour que la main puisse plonger et subtiliser le porte-monnaie …

Pour les repérer voici quelques détails marquants :

  • Ils ne sont jamais seuls mais 2 ou 3
  • Ils ont un long foulard, une écharpe,
  • Un sac en bandoulière ou un sac a dos
  • Une casquette/des lunettes de soleil
  • Ils ont une carte de la ville dans la poche ou en main. Ce qui est louche, c’est qu’ils la sortent sans prêter attention à elle ou alors qu’ils consultent en marchant. C’est impossible à lire ! Ils savent où ils vont !

Voici quelques portraits de certains pickpockets de Lisbonne :

 

lunettes et casquette...

Lunettes et casquette…

pickpockets en attente d'une proie...

Pickpockets en attente d’une proie…

 

 

On établit une stratégie afin de ne pas se faire prendre

Le 20 juin 2019, c’est la procession de Corpus Christi

Histoire de Lisbonne #3 Monlisbonne.com

Le jeudi qui suit la Pentecôte, 60 jours après Pâques, Lisbonne célèbre Corpus Christi, la Fête-Dieu en Français.

Instituée par le pape Français Urbain IV en 1264, la Solenidade do Santíssimo Corpo e Sangue de Cristo (Solennité du Saint-Sacrement du Sang et du Corps du Christ) ou Corpus Christi est un jour férié au Portugal. C’est la plus grande procession de la ville et sans doute ce fut la plus grandiose dans les temps anciensA Lisbonne, les fêtes catholiques sont célébrées avec ferveur mais cela va bien au delà de l’aspect religieux. Elles s’inscrivent dans les traditions séculaires des Lisboètes et sont étroitement liées à l’histoire de la ville. La procession de la Fête-Dieu connaît un fort engouement au XVe siècle et très vite c’était l’occasion pour les classes aisées, les différentes corporations, d’étaler leurs richesses et leur prestige. Ce fut une célébration ostentatoire.

Procession de Corpus Christi à Rossio (oeuvre de Jaime Martins Barata).


Procession de Corpus Christi au XVe siècle à Rossio (oeuvre de Jaime Martins Barata).

Une procession catholique, teintée de paganisme.

Au temps de Joao 1er, une place de choix était réservée à St Georges, jadis St Patron du Portugal. La victoire sur les Castillans était encore vive dans les esprits Portugais. Un «  Saint Guerrier » en armure était ainsi porté sur un cheval blanc. On l’appelait l’Homme de fer. Du fait de leur soutien sans faille au Roi, les corporations et le peuple de Lisbonne étaient mis en avant. Les guildes, partant étendards déployés depuis la Maison des 24, s’avançaient sur des chars richement décorés : un château, un dragon pour le char des cordonniers, un bateau pour les calfateurs. Certaines processions dévoilaient des diables, des sorcières, des bouffons…

Corpus Christi : Joao 1er sous le pallium (oeuvre de Jaime Martins Barata).

Corpus Christi : Joao 1er sous le pallium (oeuvre de Jaime Martins Barata).

Puis enfin arrivaient les confréries religieuses, portées par les cantiques de St Thomas d’Aquin. A coup de clairons, la musique était conduite entre autres par des Africains, qu’on appelait à l’époque les noirs de St Georges : Cibávit eos ex ádipe fruménti, allelúia : et de petra, melle saturávit eos, allelúia, allelúia, allelúia. Ps. Exsultáte Deo, adiutóri nostro : iubiláte Deo Iacob.Glória Patri… Cibávit eos… Le diplomate José da Cunha Brochado résume les festivités de Corpus Christi en ces termes : « Pour voir Lisbonne en une seule fois, j’ai regardé la procession de la Fête-Dieu ». Corpus Christi était une célébration ruineuse en son temps. En plus des coûts pour les chars et les costumes, les rues étaient richement décorées par la ville. On déposait des fleurs sur le sol et on couvrait la rue d’auvents. Les balcons étaient recouverts de tapisseries ornées d’or, d’étendards en soie.

O preto de Sao Jorge.

O preto de Sao Jorge.

Une procession au service du Roi.

Le 18e siècle à Lisbonne est marqué par l’avènement du règne de Joao V et du Baroque. Le roi absolu souhaite faire de la Fête-Dieu, une cérémonie de propagande pour son plus grand prestige. Il réorganise entièrement la procession, elle devient hiérarchisée, rigide, bien loin des Corpus Christi chaotiques des siècles passés. Les symboles païens sont proscrits, ainsi que les Africains et les femmes. Au temps de Joao V, Corpus Christi est solennel et somptueux. Le 12 mai 1717, le sécrétaire d’Etat Diogo de Mendonça Côrte-Real écrit au conseil municipal de Lisbonne : « […] la procession ne doit pas avoir de génisses, de géants, de serpents, de dragons, de tapis d’herbe, de chars ou toute autre chose similaire qui représente une corporation. Pas de dances, ni de présence de maures qui accompagnent St- Georges. Le pallium ne doit pas être en laine, on doit utiliser un tissu plus riche ». Ainsi, en remodelant Corpus-Christi, le Roi Joao V nous dévoile sa propre vision sur l’organisation de son pouvoir, celle d’un Etat s’appuyant sur l’Eglise toute puissante et sur sa Majesté.

Procession de Corpus Christi au temps de Joao V. 1587 santons réalisés par l’illustre Diamantino Tojal.

Procession de Corpus Christi au temps de Joao V. 1587 santons réalisés par l’illustre Diamantino Tojal.

Corpus Christi, aujourd’hui.

Si le grandiose n’est plus à l’ordre du jour à Lisbonne, Corpus Christi reste une fête religieuse très célébrée où les règles anciennes sont toujours respectées. Pour beaucoup de pays d’Europe, dont la France, cette vieille tradition a (presque) disparu. Reste aujourd’hui pour les plus curieux cette possibilité d’assister à la procession séculaire de Lisbonne le jeudi 20 juin 2019. Vous trouverez ci-dessous l’affiche officielle : Mots clés ayant permis de trouver cet article :

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Les bières artisanales à Lisbonne

L’Histoire des Bières artisanales à Lisbonne.

Avant de parler des bières artisanales à Lisbonne, une présentation succincte des reines de la capitale s’impose.

La bière au Portugal, une affaire d’Etat !

Super Bock, partenaire du lien social portugais

Il n’y a pas d’heure pour savourer une Super Bock entre amis

En débarquant à Lisbonne, on voit très vite un antagonisme flagrant. La rivalité intrinsèque entre deux marques de bière, la Sagres (surnommée la bière de Lisbonne car brassée à proximité) et bien sûr la Super Bock (crée à Porto). Au firmament de la compétition entre ces deux « capitales », une guerre commerciale s’opère dans les bars et les tascas de Lisbonne, même Heineken a du mal à s’imposer (je le  comprends, les bières portugaises ont une saveur supérieure et donc c’est pour cette raison qu’Heineken et Carlsberg ont racheté respectivement Sagres et Superbock).

Si vous quittez l’aéroport en prenant le métro, vous ne pouvez manquer l’énorme publicité de Sagres qui occupe tout le fronton d’un tunnel : « How do you say i want a beer in portuguese? – Uma Sagres por favor. » Le ton est donné. En témoigne cette concurrence, les deux principaux sponsors des clubs rivaux Sporting et Benfica…Mais vous vous dites sans doute que sur le plan de la saveur, Sagres et Super Bock, c’est le même combat, ça reste de la bière en pression..

Les micro-brasseries révolutionnent notre perception de la bière !

Cervejaria Trindade, la plus ancienne brasserie du Portugal.

Cervejaria Trindade, la plus ancienne brasserie du Portugal.

Cette lassitude de bière lager commence à se faire sentir dans les modes de consommation en Europe et aux Etats-Unis, dont le secteur est dominé par de grands groupes industriels.

Dans les années 80, des micro-brasseries se développent un peu partout et notamment au Royaume-Uni d’où le terme provient. Suivant la tradition brassicole de Belgique, des bières artisanales naissent, avec des recettes originales, osées et liées au terroir (ex : Brouwerij’t ij, Curtius, Bières de Ré). Des bières identitaires privilégiant des fermentations jadis délaissées ou inconnues du grand public (IPA notamment). Si les micro-brasseries sont apparues très vite dans les capitales européennes comme à Amsterdam, Lisbonne ne connaît sa révolution « houblonesque » que depuis 2015. Une apparition liée à un contexte favorable de reprise économique et de boom touristique.

C’est un retour aux sources inédit car les micro-brasseries existaient au siècle passé, en témoignent ces restaurants appelés “cervejarias” et qui furent de vraies brasseries en leur temps avant que leurs bières soient supplantées par Sagres et Superbock.

L’apparition des micro-brasseries à Lisbonne.

Fin 2013, les premiers pionniers à Lisbonne s’appellent Dois Corvos, en français “Deux Corbeaux” (nom symbolique typiquement lisboète qui s’inscrit dans la logique de bière locale). Avant d’être des entrepreneurs, les fondateurs Susana Cascais et Scott Stevens sont avant tout des passionnés de la bière. Bière de saison, triple fermentation, Ale, Stout, bière expérimentale, les bières Dois Corvos sont avant tout des créations originales. Basée dans le quartier -longtemps déshérité- de Marvila, la brasserie ouvre fin 2015 la première “tap room” du Portugal proposant une variété de 12 bières en pression (dont les célèbres Finisterra, Into the woods,…). Adresse : R. Cap. Leitão 94, 1950 Lisboa.

Cette nouvelle aventure va inspirer de nombreux artisans brasseurs en herbe ! Année après année, ils gagnent en expérience et les bières en saveur. Parmi ces microbrasseries, nous pouvons citer :

  • LX Beer (2014) : cette microbrasserie a l’ambition d´être LA bière artisanale de Lisbonne au même titre que pourrait l´être Brouwerij’t IJ pour Amsterdam. A déguster dans le quartier d’Arroios ! Adresse : n5, R. Funchal, 1000-154 Lisboa.
  • 8a Colina (2015) : brassée sur la colline de Graça, au coeur des vilas ouvrières, la brasserie met en scène sur ses bouteilles stylisées par l’artiste Gonçalo Mar des personnages atypiques (tout comme leurs bières !) qui ont fait la vie du quartier. Adresse : Tv. Pereira 16A, 1170-387 Lisboa. Pour la goûter : Kiosque de Largo da Graça, en face du restaurant « O Satellite » (ouvert seulement par beau temps).
  • Cerveja Musa (2016) : Voisine de la brasserie “Dois Corvos”, la brasserie Musa ne va pas par quatre chemins pour définir sa philosophie : révolutionner le monde de la bière ! Avec des collaborations avec d’autres microbrasseries comme Letra (PT), Musa sort régulièrement de nouvelles bières. Leurs succulents nectars peuvent être goûtés presque dans le tout pays et nous vous invitons à les déguster dans leur tap room de Marvila. Le week-end, il y a des concerts live et des sets de dj. Que demande le peuple ? Adresse : Rua do Açúcar 83, 1950-006 Lisboa.

    Tap Room de Musa. Les noms des bières sont comme leurs saveurs : uniques !

    Tap Room de Musa. Les noms de leurs bières artisanales sont comme leurs saveurs : uniques !

  • Cerveja Lince (2016) : c’est l’histoire de 2 amis/collègues de chez Vodafone qui se passionnent à brasser leurs propres bières dans un garage jusqu’à ce qu’ils se lancent dans la production professionnelle, aidés par un troisième compère qui leur propose de baptiser leur bière Lince, c’est à dire Lynx. Sensibilisée par l’extinction du lynx ibérique, la microbrasserie Lince, basée également à Marvila, est partenaire d’un programme de préservation de la LPN. Ainsi en dégustant une bière Lince, vous contribuerez à sa protection. Adresse : rua do Açúcar 76, 1950-001 Lisboa.

    António Carriço et Pedro Vieira, très fiers de leurs bébés « Lince »

  • Quimera Brewpub (2016) : brasserie atypique située dans un ancien tunnel menant au palacio das Necessidades et qui servait de passage pour les chevaux au 18e siècle. Aujourd´hui vous pouvez déguster des bières brassées sur place mais également aux alentours. Adresse : rua Prior do Crato 6, Lisboa, 1350-261 Lisboa.
  • A.M.O (2017) : cette microbrasserie se veut communautaire et son développement se base sur le partage d’idées, d’histoires et de compétences pour pouvoir produire une bière d’exception et à son image. Chaque vendredi soir, les amoureux de la bière se rencontrent dans la brasserie qui se transforme en social club. L’occasion de goûter à des bières traditionnelles, à de succulentes tapas et surtout de passer un superbe moment. Adresse : Rua Bernardim Ribeiro 53, Lisboa

    Margaret Orlowski, l’alchimiste des bières AMO

    Margaret Orlowski, l’alchimiste des bières Artisanales AMO

  • Carapau D’Corrida (2017) : bière brassée avec la collaboration de Pato Brewing et Cerveja Oeste. Vous pouvez la goûter dans le restaurant qui porte le même nom, du côté du parlement.
  • Gallas Beer (2018) : la dernière microbrasserie. Plus d’informations ultérieurement.

Lisbonne n’ayant pas le monopole des microbrasseries, vous pourrez découvrir et déguster à travers le pays :

Dans la région de Lisbonne : Pato Brewing à Cascais, Cerveja Trevo à Costa da Caparica (plage et bière, parfaite combinaison !), Mean Sardine à Ericeira, Cerveja Bolina à Azambuja, Piratas Cervejeiros à Amadora, Cerveja Oeste à Sobral de Monte Agraço. Ailleurs : Cerveja Barona dans le parc naturel Serra de Sao Mamede, Letra dans la région du Minho.

Vous avez découvert une bière artisanale brassée au Portugal et elle n’est pas dans cette liste ? Faites-le nous savoir 🙂

Cerveja Oeste, une bière étonnante brassée par Pedro Poejo

Cerveja Oeste, une bière étonnante brassée par Pedro Poejo

 Où est-ce que l’on peut goûter à une bière artisanale de Lisbonne dans le centre-ville ?

La plupart des cafés réputés de Lisbonne ont à l’heure actuelle une sélection de quelques bières artisanales Lisboètes. Cependant certains établissements se sont spécialisés dans la promotion des bières d’export. Parmi eux, nous retrouvons :

  • Cinéma monumental de Saldanha, Edifício Monumental, Av. Praia da Vitória, 72
  • Trobadores, Rua de São Julião, nº27, 1100-524 Lisboa
  • Cerveteca, Praça das Flores 62, 1200-192 Lisboa
  • Lisbeer, Beco do Arco Escuro 1, 1100-016 Lisboa
  • Duque, Calçada do Duque 51, 1200-156 Lisboa
  • Crafty Corner, Tv. Corpo Santo 15, 1200-091 Lisboa
Crafty Corner, le dernier bar à bières de Lisbonne sur Cais do Sodre

Crafty Corner, le dernier bar à bières artisanales à Lisbonne sur Cais do Sodre. On y diffuse les matchs de rugby et de foot bien sûr !

Les différents formats des bières portugaises :

Une pinte au Portugal est appelée « Caneca »

Une pinte au Portugal est appelée « Caneca »

Mini : petite bouteille de 20cl produite par Sagres et Super Bock. Ne devrait pas vous coûter plus d’1 € normalement. La mini est très appréciée par les ouvriers portugais lorsqu’ils cherchent à se désaltérer pendant le boulot.

Imperial : bière de pression de 20cl-30cl, toute marque confondue. Dans le nord, on utilisera le terme de fino. Pour une bière en bouteille, demandez une garrafa. Une imperial ne devrait pas vous coûter plus de 1,50 € dans les bars classiques et jusqu’à 50 centimes dans les tascas.

Caneca : bière de pression de 40cl/50cl, soit une pinte. Pendant les beaux jours, à moins que vous soyez un grand buveur, nous ne vous conseillons pas de prendre la bière en pinte car elle va chauffer très vite. Une caneca ne devrait pas vous coûter plus de 3 € dans les bars classiques.

Cet article vous a plu ? Venez découvrir les bières artisanales de Lisbonne en ma compagnie.

Mots clés :

  • Craft beer Lisbonne
  • Bières artisanales à Lisbonne
  • Superbock Lisbonne
  • Sagres Lisbonne
  • Microbrasserie Lisbonne
  • Bières Portugaises
  • Cervejaria Lisbonne

Hommage à Carlos de Lisbonne

“O Fim”

Carlos de Lisbonne ou la perte du plus grand talent du Bairro Alto…

Sa vie remplie vient de se terminer. Nul ne saura le remplacer.

Carlos de Lisbonne

Carlos de Lisbonne, l’unique photo prise par monlisbonne.com dans son atelier de Bairro Alto Faïences et collections diverses offrent un décor unique…

Carlos, dans une rue discrète du Bairro Alto qu’il animait de ses passions n’était jamais au repos. Un homme aux deux visages, collectionneur et restaurateur de faïences.

Le collectionneur indomptable

Lors de nos visites guidées, il peut nous arriver de tomber sur des clients avides d’extraordinaire. Carlos était alors notre botte secrète. Il était à la fois avenant et cultivé. Savant et qualifié, il était capable d’épater les plus vifs explorateurs et les aventuriers mais aussi les enfants les plus durs à dompter.

Carlos, qui se réfugiait derrière la porte numéro 20 de la rua da Vinha nous a quitté. Notre hommage ne sera même pas une miette de ce qu’il a su nous donner.

Collectionneur de beau et de mémoires, il avait dans son bazar, des pièces très rares. D’un sceptre de Goering, aux uniformes militaires des chemises noires, de la jeunesse salazarienne, ou encore des guerres coloniales biens rangées dans son armoire, son goût pour l’histoire n’a jamais trahi une once de croyance. Plusieurs costumiers du cinéma ont fait appel à ses pièces uniques.

Les pièces uniques de Carlos

Les pièces uniques de Carlos

Le restaurateur orfèvre

Son hangar recelait aussi nombre d’objets incongrus : des postes de radio de toute beauté, des cartes géographiques bien conservées,  des vieux drapeaux ou encore des photos qui ne peuvent être oubliés.

Dans ce joyeux souk, on ne pouvait être qu’émerveillé et surtout interloqué par cet amas de faïences prêtes à être restaurées. C’était ça son réel métier. Elles s’entassaient et venaient du monde entier. Sur leur carte d’identité il ne fallait pas s’étonner de voir plusieurs siècles de traversées.

Spécialiste, il avait sur son atelier une palette colorée où il pouvait mélanger jusqu’à 10-12 couleurs pour atteindre le bleu escompté. ou ce qu’un profane voit blanc se révèle être pour lui la réelle complexité d’un mouchetage d’une multitude de pigments grisés noirâtres et cyan.

J’ai grâce à lui compris l’ampleur de la tâche de l’imitateur. Il doit savoir dompter des dizaines, des centaines de techniques brossées, des pleins et des déliés. Le fait de s’approprier les époques où l’épaisseur d’un carreau de faïence a autant d’importance que les matériaux ne peut lui faire défaut.  Étalé sur des siècles de pratique, son savoir se mesure par son humilité.

Son talent était unique. Son souhait était de le divulguer. Une crise cardiaque l’en a empêchée.

Si tu me lis Carlos, c’est qu’un de tes vieux amis traduit… Je te demande de transmettre ton savoir et ta passion à un minot patient. Tu m’as trop marqué pour que ton expérience parte en fumée.

Ensuite seulement, je te souhaite de bien te reposer. Jamais je ne t’ai vu performer cette activité. C’est pour ça que tu m’as marqué pour l’éternité.

Longue vie et bon vent.

Carnaval à Lisbonne

Le carnaval à Lisbonne, un bal masqué au rythme de la samba.

Le 05 mars 2019, on fête le carnaval au Portugal. Et cela tombe bien, les plus grandes festivités sont à Lisbonne !

L’origine du carnaval, tradition portugaise qui remonte à l’antiquité.

Parade au carnaval de Loures. © carnaval de Loures

Parade au carnaval de Loures. © carnaval de Loures

Carnaval, ce sont les fêtes de réjouissance, jadis on y mangeait gras avant de manger « maigre » pendant 40 jours. Cela précède la période de carême (la quarantaine). Dans les anciens temps, les Hommes considéraient que la nouvelle année commençait en mars et non en janvier. C’était le renouveau, le réveil de la Nature. Au Portugal, on appelait cette fête « Entrudo »(du latin introitu, entrer dans), c’est à dire les prémices avant le Carême. Les croyances depuis la nuit des temps estimaient que le chaos devait précéder le nouvel an. On comprend mieux dès lors la folie des festivités, le port de masques qui créent la confusion, l’affranchissement de toute règle sociale, la négation du quotidien, ses contraintes et ses soucis.

De la samba à Sesimbra. © Ruiolavo-fotos.

De la samba à Sesimbra. © Ruiolavo-fotos.

Le désordre dans une société ordonnée. C’est ça le carnaval au Portugal. Officiellement, le 13 février n’est pas férié, mais toléré tel quel ! Et cela depuis les premiers rois du Portugal. Malgré les difficultés économiques, l’Etat portugais continue chaque année à tolérer un jour chômé (et quand bien diable le gouvernement serait contre, la population n’en a cure).

Où peut-on fêter le carnaval à Lisbonne ou dans ses alentours ?

Le roi du carnaval face à son peuple ! © carnaval de Torres vedras.

Le roi du carnaval face à son peuple ! © carnaval de Torres vedras.

Les festivités à Lisbonne : si les grandes parades sont en dehors de Lisbonne, des collectifs organisent des festivités le soir du 04 mars.  Cliquez ici pour connaître les principaux évènements sur Lisbonne.

Les principaux carnavals du Portugal et autour de Lisbonne :

Torres Vedras (01/03 – 06/03) : autoproclamé le « plus portugais des carnavals », le carnaval de Torres Vedras a su garder son identité locale alors que beaucoup d’autres sont de plus en plus influencés par la culture brésilienne. Ici, on retrouve des bouffons, des chars grandioses et les matrafonas, ces hommes déguisés en femme. Bref un vrai carnaval qui dépasse les barrières sociales.

Loures (02/03 – 06/03) : Crée en 1934, Loures est devenu en quelques décennies l’un des plus grands festivals du Portugal. 150 000 personnes sont encore attendues cette année. 1200 figurants et 15 chars promettent un défilé coloré et joyeux.

Sesimbra (19/02 – 09/03) : c’est celui qui se rapproche le plus de son lointain cousin, celui de Rio de Janeiro, avec ses nombreuses écoles de samba qui défilent dans la rue.

Pour être au courant sur les toutes festivités, consultez ici notre page facebook. Dans la rubrique évènements, nous avons répertorié les principaux carnavals de la région de Lisbonne.

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  • Sorties en février Lisbonne

soirée de gala à Lisbonne

Organiser son dîner de gala à Lisbonne ?

Organiser son gala à Lisbonne trotte dans plusieurs têtes… c’est en effet une très bonne idée.

Pourquoi organiser sa soirée de gala à Lisbonne ?

Un Gala lors d'un couché de soleil sur Lisbonne

Un gala lors d’un coucher de soleil sur Lisbonne

Dans un premier temps, laissez-moi vous présenter les avantages de cette destination qui me captive :

Qu’est-ce qui place Lisbonne comme la destination parfaite pour organiser votre soirée de gala :

  • Son climat incroyable garantit un climat doux parfois même en plein hiver.
  • La capitale portugaise offre un cadre dépaysant avec ses quartiers colorés et chaloupés, construits sur 7 collines.
  • Une vie nocturne diverse et animée fait la une dans plusieurs médias.
  • La proximité avec la mer et ses belles stations balnéaires comme Cascais offrent une variété d’activités aguicheuses.
  • La cuisine fine et gourmande à un prix plus compétitif que d’autres destinations européennes place également Lisbonne sur le devant de la scène.
Un gala aux fruits de mer... C'est possible à Lisbonne

Un gala aux fruits de mer… C’est possible à Lisbonne

Vous l’avez compris, toutes les conditions sont réunies pour que votre gala reste un souvenir impérissable pour vous et vos collaborateurs. Mais ce n’est pas si simple de trouver la perle rare, le lieu parfait pour immortaliser l’évènement.

C’est à partir de cet instant que nous entrons en scène. En effet, présentée d’une manière aussi savoureuse, vous vous demandez qui peut intervenir pour remplir un véritable contrat de satisfaction.

Une soirée de Gala organisée par Monlisbonne.

Soirée de Gala en decembre à Lisbonne

Soirée de gala à Lisbonne en décembre

Pour l’organisation de votre dîner de gala, Monlisbonne s’occupe de tout !

Comme pour les activités de séminaire/team-building notre imagination n’a pas de limite. Dans ce cas de figure, nous proposons des lieux insolites, exceptionnels et toujours adaptés à vos desideratas. Nous voulons sortir de l’ordinaire au prix le plus juste.

  • La gastronomie doit être envoûtante.
  • c’est la musique qui rythme un enchaînement de plats délicieux.
  • Et bien entendu, si la vue ne donne pas le vertige, nous ne sommes pas satisfait.
  • Le cadre, taillé dans la masse, complète divinement ce tableau que nous aimons imaginés.

En coordonnant vos activités, Monlisbonne souhaite marquer les esprits avec un évènement sans fausse note.

En résumé, nous mettons en oeuvre tout notre savoir et notre savoir-faire afin de satisfaire les envies des clients les plus exigeants.

C’est sans surprise qu’un évènement ne peut ressembler à un autre.

Du plus classique au plus déjanté, nous allons trouver chaussure à votre pied pour se rapprocher de la satisfaction unanime… Graal que nous cherchons lors de chacune des activités que l’on nous charge d’organiser.

Pour vous donner davantage d’idées de ce que nous pouvons faire, entrez en contact avec notre équipe. Nous pourrons alors définir selon votre budget, un évènemement à la mesure de vos ambitions.

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Le 1er décembre, Restauração da Independência (Fête de la Restauration)

Une autre vision de Lisbonne…

Histoire de Lisbonne #2 Monlisbonne.com

Le 1er décembre 1640, Lisbonne fête la restauration de son indépendance.

En cette soirée d’automne, il navigue au clair de lune pour ne pas se faire repérer par la vigile espagnole. Passant par une porte dérobée, Afonso de Menezes descend les escaliers de la muraille fernandine pour atterrir dans le jardin du fidalgo Dom Antao de Almada. On y trouve un jardin fermé, parsemé d’orangers mûrs et dominé par deux grandes cheminées monumentales. Les torches sont allumées dans les allées, faisant virevolter les ombres des chats et des hommes agités. Ces nobles déchus se pressent dans la masure au fond de la cour. Il est temps de conclure 60 ans d’humiliation !

Ils sont 40 à s’interpeller les uns les autres, attisant les ardeurs et la motivation de chacun. Leur entreprise est à haut risque, c’est quitte ou double. Délaissés par une Angleterre en ébullition, ils ont reçu le soutien discret de Richelieu. Afonso prend la parole :

“ Depuis 60 ans, notre empire sacré a disparu, notre destinée s’est dissipée dans les eaux britanniques. Les Habsbourgs veulent détruire ce qui reste le plus important dans nos chairs et nos coeurs : être Portugais. Notre Lisbonne n’est plus qu’une ville de province castillane, où sont passées les promesses du roi Filipe 1er ? Nous avons perdu la moitié de notre royaume, nous avons versé notre sang pour l’occupant. Et aujourd’hui, ils veulent que nous allions combattre nos frères catalans ? Assez ! Assez ! ”

Les jardins du palais de Sao Domingos, l’actuel palais de l’Indépendance

Et les conjurés sortent du palais pour fomenter un coup d’état.

Le 1er décembre 1640, au petit matin, ces hommes en colère devenus frères d’armes, quittent le palais de Sao Domingos par la grande porte. Une douce lueur venant du castelo Sao Jorge berce les convictions, l’odeur de châtaigne grillée aiguise l’appétit de vengeance. Ils s’avancent dans les rues de Baixa, emportés par la foule que les jésuites d’Antonio Vieira exaltent à coup de Te deum. Ces lisboètes restent fidèles une nouvelle fois à leur vieille réputation héritée depuis Néron, celle d’un peuple très noble et très loyal. C’est un jour béni.

Depuis l’esplanade du Palais, les 40 conjurés se ruent dans les appartements royaux où jadis le grand Manuel observait son empire depuis le balcon. Ils attrapent la vice-reine Marguerite de Mantoue tout en cherchant le traître Miguel de Vasconcelos qui s’était soumis à Madrid. On le trouve planqué dans une armoire et pris d’une rage folle, on le tue sur le champ sans aucune autre forme de procès. Son corps est jeté par le balcon, puis piétiné par une foule plus que enthousiaste.

Les conjurés fêtant leur victoire après le décès de Miguel de Vasconcelos.

Lisbonne renoue ses liens avec la grande Histoire mais l’empire est révolu.

On acclame les conjurés ! Un nouveau souffle d’espoir envahit les rues de Lisbonne, la cité reprend ses titres et ses lettres de noblesse. L’évêque Rodrigo da Cunha organise une grande cérémonie dans la Sé pour rendre grâce à Dieu. Le 5e empire renaît de ses cendres ! Si on évoque un temps l’avènement d’une République, Sébastien s’est réveillé de son long sommeil. Annoncé par tous comme étant le digne hériter des Avis, le nouveau maître du royaume arrive le 6 décembre et est joyeusement honoré par la foule. Il s’appelle Jean et il est duc de Bragance. Il accepte la lourde charge qui lui est dûe, les poètes vont dès lors narrer une nouvelle page de l’Histoire du Portugal.

Jean IV est proclamé roi du Portugal sur l’esplanade du palais, l’actuelle place du Commerce.

Les clameurs du peuple retentissent bien au delà du Tage. Ce qui reste de l’empire portugais revient à Jean IV. Seules les cités portugaises du Maroc restent fidèles à la couronne d’Espagne. Si les bonnes nouvelles se sont accumulées en ce mois de décembre 1640, le Portugal a pourtant perdu de sa superbe. Il devient très vite un empire oublié, la Saudade est née.

 

Les balances de la Mouraria

Une autre vision de Lisbonne...

Une autre vision de Lisbonne…

Coup de coeur #1 Monlisbonne.com

Le dernier des Mohicans.

Avec sa poigne de fer, Fernando Xavier vous serre la main comme si c’était la dernière fois. A 90 ans, il tient toujours dans la Mouraria son atelier de balances contre vents et marées. Il y a un siècle, son père avait fondé “Santinho & Costa”, une petite loja de balances du côté de la rua do Benformoso. Si aujourd’hui la rue est un patchwork du Monde avec ses retornados, ses couleurs et ses épices, Fernando se souvient lui d’une époque révolue. “Il y avait un maréchal-ferrant, les charrettes encombraient la rue. C’est pour ça qu’on appelait la rue Benformoso, la rue “Boi formoso”. Puis les charrettes ont disparu. Mon petit frère, aujourd’hui décédé, et moi-même, on a ensuite connu l’arrivée de la voiture, puis du métro.”

Bienvenue chez Santinho & Costa !

Bienvenue chez Santinho & Costa !

Le musée “Santinho & Costa”.

L’atelier est sombre, l’ombre dévoile à peine les silhouettes des centaines de balances. Pourquoi diable à 90 ans Fernando Xavier vient ouvrir tous les matins sa boutique ? “Je vis des réparations”. Discute-t-il avec les fantômes du passé, son père, son jeune frère ? Que révèle cette obstination à garder ce sanctuaire de balances ? Il en parle avec passion, en lui les souvenirs s’éveillent. La saudade. Je vois ses yeux pétiller, chaque mot dicté est un sacerdoce. Trône au centre de la pièce ce pèse-personne, jadis installé dans la gare du Rossio. Sur une étagère, cette balance là servait à peser l’or. Il me montre enfin cette balance de la marque “Leunam”, que sa famille a créé. Avec un sourire malicieux, il me révèle qu’ils ont inversé le nom “Manuel” en l’honneur du roi. Cette remarque est touchante car on sent que Leunam le rend fier. Saude da familia Xavier !

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Le pèse-personne de la gare du Rossio

Pater Noster & Ave Maria.

Je ne suis pas au bout de mes surprises. L’atelier semble plus profond qu’il n’y parait. Fernando nous demande de le suivre. Dans un coin de mur, il ouvre soudainement une trappe. Derrière, à même la roche, coule une source pure. Des azulejos marquent la sanctification des lieux : “P N A V”. Cette source sacrée vient du Castelo, elle est là depuis des siècles. La famille de Fernando la garde depuis toujours, derrière une montagne de balances et de pèse-personnes. Serait-ce le secret le mieux gardé de la Mouraria ?

Fernando Xavier et sa source sacrée.

Fernando Xavier et sa source sacrée.

Les lojas portugaises, un patrimoine en danger.

Fernando Xavier est l’un des derniers ici à garder une boutique séculaire. Après lui, les balances, Leunam et ses souvenirs se dissiperont. La loja “Santinho & Costa” fait partie de la mémoire collective des Lisboètes. Protégeons-la ! Avant de le quitter, Fernando m’offre une relique du passé : une pièce d’escudo. Tout un symbole.