Une histoire de Tramway

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Une autre vision de Lisbonne…

Coup de Saudade #1 Monlisbonne.com

Le tramway de Lisbonne a une belle histoire.

Pour l’anecdote, la ville est étroitement liée à San Francisco. Bien avant la construction du pont du 25 Avril, Lisbonne avait adopté les vieux electricos de la ville californienne. À l’époque, il se faufilait entre les chariots de boeufs et les diligences qui se raréfiaient. Les dandys de Cascais ne juraient que par lui…

Ce moyen de transport alors futuriste étaient en passe de marquer à jamais le paysage urbain de Lisbonne.

Camara municipal de Lisboa, archive

Camara municipal de Lisboa, archive

Les temps ont bien changé.

Aujourd’hui, la ville s’est transformée sans avoir su miser à fond sur sa touche d’authenticité. L’euphorie de la révolution des Œillets a ouvert Lisbonne au modernisme. A l’avenue de la Liberdade, on a détruit les demeures du 19e siècle pour de grands immeubles aux baies vitrées sans âme et sans histoire. Le métro, le bus ont volé la vedette au tramway. A bas Siza Vieira, gloire à Tomas Taveira et le centre des Amoreiras : ils sont la nouvelle image du prix Valmor de 1993…

Des rails orphelins

Sous le bitume de Santa Apolonia, les pavés conservent une ligne de tram désaffectée. Ce vestige du passé nous émeut. Ce quartier n’aurait-il pas droit à son tram 28 (LA star Lisboète la plus flashée au monde) ? Rappellons tout de même que Sean Connery dans La maison de Russie observait ce petit bolide jaune passer, bondé par des Pessoas en chapeaux feutrés. Le tramway a toujours fait partie des meubles de Lisbonne, ne le laissons pas triste dans le musée Carris.  

Un poisson pilote peu orthodoxe

Que pensez vous de l’idée de remettre sur les rails désaffectées les vieux trams du siècle dernier ? Là où le tram a disparu, les rues sont désertées par les visiteurs. Chouchou des touristes, la résurrection du tram lisboète permettrait d’ouvrir les horizons, il désengorgerait l’Alfama des foules estivales. Les quartiers les moins accessibles deviendraient le nouveau terrain d’exploration des voyageurs urbains. Quelle belle opportunité pour développer l’économie locale !  

Prenons l’exemple de deux quartiers alentours et pourtant boudés par les touristes pressés :

Dans les jardins de Principe Real, les bolides pourraient s’arrêter non loin du cyprès sacré. Cet arbre centenaire, parasol de verdure, offre l’ombre parfaite pour déguster une limonade du quiosque d’à côté. Un léger vent d’ouest porte le parfum des rameaux. Le sentez-vous ?

Oh ! Je sens aussi une odeur de cacao torréfié ? Elle a sûrement poussé la porte de Bettina et Niccolo pour venir me titiller…

archive municipale de Lisboa

Camara municipal de Lisboa, archive

A Santana, le tram les déposerait au champ des martyrs de la patrie, sous l’oeil bienveillant de Sousa Martins. Les nouveaux explorateurs seraient happés dans les rues aux allées donnant sur des maisons huppées aux grilles et aux volets fermés. Un peu plus loin, ils ne pourraient pas résister à la vue offerte par le jardin de Torel où amoureux, promeneurs de chien et du dimanche apprécient calme et simplicité.

archive municipale de Lisboa

Camara municipal de Lisboa, archive

Nous avons, chers voyageurs, discuté de deux quartiers peu visités par les touristes… Mais imaginez la portée si les bâtiments Art nouveau de l’avenida da Republica pouvaient être admirés depuis ce tram délicieusement désuet ? Si le Marquis de Pombal et son lion bien dressé avaient le tournis devant ce véhicule du passé ? Imaginez seulement le contraste entre les imposants bâtiment d’Orient où la sirène stridente de notre vedette résonnerait…

Finalement, si le but est que la Baixa se désemplisse, quel aventurier refuserait de se faire piloter par cette célèbre machine ? 

Si les touristes ont cet ami fidèle, la Carris a de beaux jours devant elle…

Vive le tram mais pas le 28 !